Voyager en avion est, pour beaucoup, une expérience synonyme d’évasion et de découverte. Pourtant, ce moment attendu peut aussi s’accompagner de désagréments bien connus, notamment la douleur ou la désagréable sensation d’oreilles bouchées.
Ce phénomène, appelé barotraumatisme de l’oreille, plus communément « oreille d’avion », concerne un grand nombre de passagers, qu’ils soient voyageurs occasionnels ou habitués des vols long-courriers.
Dans cet article, nous faisons le point sur les causes de ce trouble fréquent, les solutions pour soulager la gêne en vol et les bonnes pratiques pour le prévenir. Objectif : vous permettre de voyager plus confortablement.
Pourquoi les oreilles se bouchent-elles et deviennent-elles douloureuses en avion?
La douleur auriculaire ressentie en avion est principalement liée aux variations rapides de la pression atmosphérique. Lors du décollage et surtout de l’atterrissage, la pression dans la cabine évolue, créant un déséquilibre entre l’air présent dans l’oreille moyenne et celui de l’environnement extérieur.
En temps normal, ce déséquilibre est compensé par la trompe d’Eustache, un canal étroit reliant l’oreille moyenne à l’arrière du nez. Son rôle est d’égaliser la pression de part et d’autre du tympan. Mais lorsque ce mécanisme ne fonctionne pas correctement, l’air reste piégé, provoquant pression, gêne et parfois douleur.
Les principales causes identifiées
Les variations rapides d’altitude
Lors du décollage, la pression atmosphérique diminue ; à l’atterrissage, elle augmente. Selon l’American Academy of Otolaryngology, la phase de descente est la plus problématique, car la trompe d’Eustache a tendance à se refermer sous l’effet de la pression, rendant l’équilibrage plus difficile.
La congestion nasale et les sinusites
Un rhume, des allergies ou une infection des sinus peuvent enflammer ou obstruer la trompe d’Eustache. Ces affections concernent jusqu’à 20 % des passagers et augmentent considérablement le risque d’oreilles bouchées.
Les particularités anatomiques
Certaines personnes — notamment les enfants — possèdent des trompes d’Eustache plus étroites ou moins souples, ce qui les rend plus vulnérables à ce type de désagrément.
Imaginez, par exemple, un vol entre Mexico et Cancún. À l’approche de l’atterrissage, une pression sourde envahit les oreilles, comme un étau qui se resserre. Ce phénomène s’explique par l’incapacité de la trompe d’Eustache à s’ouvrir suffisamment vite pour rétablir l’équilibre, entraînant une tension sur le tympan.

Comment soulager la douleur et la sensation d’oreilles bouchées?
Plusieurs techniques simples et efficaces permettent d’atténuer, voire d’éviter complètement, ces désagréments en vol.
Les techniques d’équilibrage de la pression
La manœuvre de Valsalva consiste à fermer la bouche, pincer le nez et souffler doucement. Ce geste permet de forcer l’ouverture de la trompe d’Eustache. Il doit toutefois être réalisé avec précaution pour éviter toute lésion du tympan, idéalement dès le début de la descente.
La manœuvre de Toynbee est une alternative plus douce : il suffit de pincer le nez et d’avaler, éventuellement avec une gorgée d’eau. Ce mouvement facilite également l’ouverture de la trompe.
Mâcher un chewing-gum, sucer un bonbon ou bâiller stimule naturellement les muscles responsables de l’ouverture de la trompe d’Eustache. Des gestes simples, mais souvent très efficaces.
Les dispositifs spécialisésLes bouchons d’oreilles à pression régulée, comme les EarPlanes, sont conçus pour ralentir les variations de pression. Une étude publiée dans la revue Aviation, Space and Environmental Medicine indique que 78 % des utilisateurs constatent une diminution significative de l’inconfort pendant le vol.
Prévenir les problèmes avant même d’embarquer
Anticiper reste la meilleure stratégie. Une bonne hydratation avant le vol est essentielle : boire de l’eau et limiter l’alcool ou la caféine permet de maintenir les muqueuses nasales hydratées et favorise le bon fonctionnement de la trompe d’Eustache.
Il est également recommandé d’éviter de prendre l’avion en cas de rhume ou de sinusite. Selon le Journal of Travel Medicine, voyager avec une infection des sinus augmente de 30 % le risque de barotraumatisme.
Enfin, un sommeil réparateur la veille du départ n’est pas à négliger. La fatigue peut diminuer les réflexes naturels — comme le bâillement — qui aident à équilibrer la pression auriculaire.
Les bons réflexes pendant le vol
Pendant le trajet, notamment lors du décollage et de l’atterrissage, il est conseillé de rester actif : manger un encas, avaler régulièrement ou bâiller aide à maintenir la trompe d’Eustache fonctionnelle.
Pour les voyageurs fréquents, l’utilisation de bouchons à pression régulée constitue un investissement judicieux. Réutilisables, confortables et faciles à transporter, ils peuvent faire toute la différence.
Enfin, il est préférable d’éviter de dormir pendant la descente. Le sommeil réduit les mouvements réflexes nécessaires à l’équilibrage de la pression. Une alarme discrète peut s’avérer utile pour rester vigilant à ce moment clé du vol.
La prochaine fois que vous monterez à bord d’un avion, gardez ces conseils en tête : vos oreilles vous remercieront, et votre voyage n’en sera que plus agréable.
